Accident vasculaire cérébral : chaque minute compte !
L’accident vasculaire cérébral, ou AVC, fait payer
un lourd tribut, tant en vies humaines qu’en qualité de vie. Les scientifiques
cherchent et trouvent des traitements de plus en plus efficaces. Les progrès les plus récents consistent en
de nouveaux médicaments dits anticoagulants. Toutefois, mieux vaut encore
prévenir que guérir… Et en cas d’AVC, la
rapidité d’intervention est le maître mot !
Un peu de vocabulaire…
« L’AVC
(pour Accident Vasculaire Cérébral) est un terme générique (global)
qualifiant des affections soudaines des vaisseaux sanguins cérébraux», indique
le professeur Thijs (neurologue, UZ Leuven). Il peut s’agir d’une hémorragie ou
d’un infarctus cérébral. «En cas d’hémorragie cérébrale, un vaisseau
sanguin (une artère) éclate dans le cerveau, ce qui entraîne un saignement sous
haute pression dans ou autour du tissu cérébral.» Toutefois, la plupart des AVC
sont des infarctus cérébraux. Les médecins l’appellent «AVC ischémique».
«Un infarctus cérébral survient lorsqu’une partie du cerveau se retrouve
soudain insuffisamment irriguée et reçoit donc trop peu de sang et donc
d’oxygène. Cet accident peut être dû à une thrombose cérébrale, autrement
dit lorsqu’un caillot sanguin (ou thrombus) bouche un vaisseau cérébral.» Ce
caillot peut être produit sur place, mais souvent, il provient d’une autre
partie du corps et est acheminé vers le cerveau via la circulation sanguine.
«Nous parlons dans ce cas d’une embolie cérébrale, explique Vincent Thijs. Dans
1 AVC sur 5, l’infarctus cérébral trouve son origine dans le cœur: un caillot
sanguin se forme à ce niveau et est entraîné hors du cœur par le flux sanguin. Les
vaisseaux sanguins du cerveau sont le premier organe rencontré par le caillot
qui sort du cœur. Un infarctus cérébral se produit à l’endroit où celui-ci
reste bloqué.»
Un autre terme peut être utilisé dans ce contexte: l’AIT ou accident ischémique transitoire.
«On peut le décrire comme un ‘mini-AVC’, un infarctus cérébral de courte durée. Souvent,
il s’agit des prémices ou du signe avant-coureur d’un AVC plus conséquent qui
se produit dans les heures ou les jours qui suivent», explique le professeur
Thijs. C’est précisément parce qu’ils annoncent un plus gros accident que les
mini-AVC doivent être impérativement reconnus et pris en charge d’urgence.
La course contre la montre…
Les dommages cérébraux dus à un AVC se produisent
assez vite. La rapidité d’intervention est donc le maître mot. «Plus la
période d’interruption de l’irrigation sanguine cérébrale est limitée, moins
les dégâts seront importants. Les traitements disponibles seront également
plus efficaces s’ils sont appliqués très rapidement.»
Il est crucial que les personnes présentant des
signes d’AVC se rendent le plus vite possible à l’hôpital, où un traitement
sera entamé dans les plus brefs délais afin de limiter les dégâts.
Trop
souvent, les personnes confrontées à ce problème ou leur entourage perdent un
temps précieux à partir du moment de l’apparition des symptômes car elles
adoptent une attitude attentiste plutôt que d’appeler les secours
immédiatement. « En cas d’AVC, cette approche attentiste est tout simplement à
proscrire. Il est crucial que les
personnes présentant des signes d’AVC se rendent le plus vite possible à
l’hôpital, où un traitement sera entamé dans les plus brefs délais afin de
limiter les dégâts. Si le patient n’arrive en clinique que tardivement,
les médecins sont relativement impuissants pour limiter les dommages causés par
l’accident. Nous ne pouvons alors plus sauver le tissu cérébral, insiste
le Dr Thijs. Tout ce que nous pouvons faire, c’est commencer une revalidation
appropriée et empêcher le déclenchement d’un nouvel AVC en détectant la cause
et en la traitant le mieux possible.» (Heidi Van de
Keere 16 Novembre 2013 in SudPresse)


