Littérature et droits de l’Homme : Les écrivains revisitent leur engagement pour la dignité des peuples

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’écrivain africain, un symposium sur « Littérature et droits de l’homme » s’est ouvert, hier, à Dakar, en présence du Médiateur de la République, Serigne Diop. Selon les panelistes, l’origine de la littérature est étroitement liée aux droits de l’Homme car le système normatif du droit porte l’empreinte des littéraires. 
« La littérature et les droits de l’homme sont deux préoccupations  étroitement liées», a rappelé d’emblée le Pr Serigne Diop, Médiateur de la République. C’est pourquoi, a-t-il dit, les textes sur les droits de l’Homme sont des chefs d’œuvre littéraires du fait que les hommes de lettres ont participé à leur rédaction. Pour lui, le siècle des Lumières a été déterminant dans la déclaration des premières chartes des droits de l’Homme, fruit aujourd’hui des libertés civiles et politiques. Aussi, ils ont été à l’origine du développement important d’un système normatif de droits de l’homme grâce à un engagement intellectuel et littéraire. 
« Si les déclarations sur les droits de l’homme ont pu exister, c’est parce que le 18e siècle a été celui du siècle des Lumières. Le système normatif n’a pu exister qu’à cause de l’engagement des beaux esprits de ce siècle  », a indiqué le Pr Serigne Diop. A ce propos, il a cité les écrits de Voltaire et de Diderot ainsi que toutes les encyclopédies du siècle des Lumières. 
 Toutefois,  le 18e siècle va être prolongé par l’engagement humaniste des littéraires, des beaux esprits du 19  siècle. En effet, a souligné le Pr Diop, le 19e siècle correspondait avec les révolutions industrielles et a été marqué par le combat de certains écrivains tels que Victor Hugo et Emile Zola. « Si nous avons ce que nous appelons aujourd’hui les droits sociaux, nous le devons fondamentalement à l’engagement  d’hommes d’esprit tels que  Hugo et Zola.
Une écriture au service des opprimés
Ce qui a le plus sensibilisé la conscience universelle sur le statut des individus en  matière de droits sociaux reste, entre autres, « Les misérables » et « Germinal » », a-t-il poursuivi. A son avis, les systèmes normatifs  n’ont pu évoluer et n’ont donné des résultats que grâce aux combats  des hommes d’esprit et des lettres. 
De l’avis du médiateur de la République, depuis l’antiquité en passant par le 13e siècle pour ensuite venir aux déclarations de Mandé, l’œuvre littéraire a toujours porté l’empreinte des droits de l’homme.
Axant sa communication sur la littérature africaine, l’écrivain Doumbi Fakoly Doumbia du Mali a démontré, sur la base des contours des événements, que la courbe thématique de la littérature négro-africaine montre, de façon saisissante, l’identification permanente de l’écrivain noir avec son peuple. « Devant la misère multiple qui suce l’Afrique, l’écrivain noir semble n’avoir d’autre conviction que celle qui lie la paix intérieure à laquelle il aspire au mieux-être des masses populaires », a-t-il fait comprendre. Ce faisant, a-t-il poursuivi, son engagement n’a jamais cessé et ne cesse de tendre à la restauration de la dignité de son peuple et à la dénonciation virulente des crimes perpétrés contre lui, avec ou sans complicité, que celle-ci soit inconsciente ou voulue. 
Ibrahima BA

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