Partages et échanges deviennent monnaie courante...

Prêter, échanger, partager ses outils, sa voiture ou son appartement lorsqu'ils ne servent pas ? Cette nouvelle économie de partage gagne du terrain et pas seulement auprès des jeunes internautes.

Pourquoi laisser sa voiture au garage lorsqu'on ne s'en sert pas alors que des voisins en auraient probablement l'usage pendant quelques heures ? Pourquoi ne pas louer la chambre d'un de ses enfants parti étudier dans une autre ville à un jeune qui cherche un appartement ? D'ailleurs, pourquoi ne pas lui proposer plutôt quelques heures de jardinage ou de ménage en échange de la chambre ?
Ces nouveaux modes de partage des biens et des services sont apparus, discrètement d'abord, au début des années 2000. Depuis, plusieurs facteurs ont favorisé leur essor, à commencer par la crise économique de 2008. Les nouvelles technologies telles qu'Internet, et l'équipement croissant en smartphones ont aussi joué un rôle important, car ils permettent à tout un chacun de surfer où qu'il se trouve et d'accéder à des services localisés.
Partager donne aussi l'occasion de faire de nouvelles connaissances
Aujourd'hui, un automobiliste n'hésite pas à consulter les sites web de co-voiturage pour trouver des compagnons avec qui partager les frais d'un trajet et nombreux sont ceux qui en profitent. Outre que ce moyen de transport soit nettement moins cher que l'avion ou le train, il donne l'occasion à ceux qui le pratiquent de rencontrer des gens nouveaux ! Symptomatiques d'un rapport différent à la propriété d'un bien, ces nouveaux services de partage créent de la valeur économique mais aussi sociale. Leurs mots-clés sont la confiance, la communauté et le collaboratif.
Le salon européen OuiShare Fest, premier du genre qui s'est tenu au mois de mai à Paris, a rassemblé des dizaines de jeunes entreprises dont l'unique activité est d'organiser le troc ou le partage. De nombreux sites ont vu le jour pour l'échange d'appartements, d'outils de bricolage ou de jardinage, mais aussi pour l'échange de savoirs ou pour des services de proximité, très prisés des étudiants qui profitent de quelques heures de battement entre leurs cours pour aller chercher vos vêtements au pressing ou faire la queue au bureau de poste à votre place. Même votre canapé devient un bien échangeable et peut accueillir des gens de passage. Qui vous hébergeront à leur tour quand vous voyagerez dans leur ville.
Si cette économie n'est pas encore florissante, peu de sites sont en effet rentables pour l'instant, elle préfigure sans aucun doute les nouveaux modes impulsés par les réseaux sociaux et les jeunes générations, rompues à l'usage des smartphones, des tablettes et connectées en permanence
(Auteur Julien Magre - in Avancer ensemble 


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