LA BOULEVERSANTE DIGNITÉ DES PARENTS DE JAMES FOLEY
John et Diane Foley, les parents du journaliste américain
décapité par l’Etat islamique, se sont exprimés mercredi.
«Un journaliste courageux et sans peur». Au lendemain de la
diffusion de la terrible vidéo montrant la décapitation de leur fils James
Foley, John et Diane Foley se sont exprimés devant
leur maison de Rochester, dans le New Hampshire. «Nous savons que Jimmy est
libre. Il est enfin libre. Et nous savons qu’il est entre les mains de Dieu… et
nous savons qu’il est au paradis», a assuré John. «Jim était un symbole pour
notre pays. Jim était là-bas pour faire entendre la vérité, être témoin de la
souffrance… et ils le savaient», a complété Diane, le regard masqué sous des
lunettes noires. Tous deux, ainsi que le frère de James Foley, Michael, ont
remercié les Américains pour leurs «très nombreuses prières». Ils ont reçu un
appel téléphonique du président Obama, et devraient recevoir un appel du pape
François.
Face à la douleur de leur perte, Diane Foley n’appelle pas à
la vengeance: «Jim n’aurait jamais voulu qu’on soit dans la haine ou dans
l’amertume. Nous prions pour avoir la force qu’il a eue. Nous demandons pitié
pour les otages restant.» «Ils n’ont fait de mal à personne. Ils essayaient
juste d’aider», a complété son mari. «Nous pensons qu’il a été un martyr au nom
de la liberté. […] Cela me hante de savoir la douleur qu’il a subie. C’est
inhumain. Cela montre son courage. Il a été courageux jusqu’à la fin.» James
Foley avait déjà été otage en Libye, en 2011. Son père tient à rappeler qu’il
«n’était pas fou»: «Il était motivé par ce qu’il pensait être la bonne chose à
faire».
James Foley, enlevé en Syrie le 22 novembre 2012, avait
40 ans.
Le journaliste français Nicolas Hénin, qui a été otage en
Syrie pendant dix mois, en a passé sept avec James Foley. Il a rendu hommage à
son collègue dans une interview accordée à la BBC :
«En captivité, vous développez un instinct de survie, par exemple, vous
attrapez tout ce que vous trouvez, et James était à l’opposé total de cela.
Tout ce qu’il pouvait partager, il le partageait. Si nous avions froid et que
nous manquions de couvertures, il partageait la sienne. Si nous avions faim et
que nous manquions de nourriture, il partageait sa ration.» James Foley était
pourtant «plus pris pour cible» que les autres otages en raison de sa
nationalité: «Il était battu plus souvent. C’était un peu un bouc-émissaire.»
Les autorités américaines, accusées d’avoir été
prévenues des menaces d’exécution la semaine passée, ont fait savoir ce jeudi
dans un communiqué qu’elles avaient lancé cet été une opération de libération
des otages américains retenus en Syrie, mais qui s’est soldée par un échec:
«L'administration américaine avait ce que nous pensions être des renseignements
suffisants et lorsque l'occasion s'est présentée, le président a autorisé le
département de la Défense à agir avec force pour récupérer nos concitoyens.
Malheureusement, cette mission n'a finalement pas été un succès car les otages
n'étaient pas là.» Parmi les otages américains figurent également Steven
Sotloff, un journaliste freelance que les djihadistes de l’Etat islamique ont montré
dans la vidéo de la décapitation de James Foley. «La vie de ce citoyen
américain, Obama, dépens de ta prochaine décision», assure le combattant
surnommé le «Beatle» en raison de son accent anglais, «londonien» selon
certains experts. D’après les informations du «Guardian», l’homme se prénommerait
John et serait à la tête d’un groupe de djihadistes chargés des otages
étrangers à Raqqa, fief syrien de l’Etat islamique.


