La parabole de l'éléphant... : nous pensons avoir raison mais... une vision globale est garante d'une bonne compréhension !
« Vous connaissez la parabole de
l’éléphant ? » lança le Cheik Youssuf aux autres convives.
Ma Amanda et Lama Dorjé acquiescèrent d’un sourire complice.
« Nous autres pas ! s’exclama Maître Kong.
-La voici : Un jour, un roi réunit des aveugles de naissance
et leur dit : « Connaissez-vous les éléphants ? » Ils
répondent : « ô grand roi, nous ne les connaissons pas, nous ne
savons pas de quoi il s’agit. Le roi leur dit encore :
« Désirez-vous connaître leur forme ? » Les
aveugles répondent encore en chœur : « Nous désirons la
connaître. » Aussitôt, le roi ordonne à ses serviteurs d’amener un
éléphant et demande aux aveugles de toucher l’animal. Parmi ceux-ci, certains,
en tâtant l’éléphant, touchent la trompe et le roi leur dit : « Ceci
est l’éléphant. » Les autres saisissent soit une oreille, soit les
défenses, soit la tête, soit le flanc, soit la cuisse, soit la queue. À tous,
le roi dit : « Ceci est l’éléphant. » Puis le roi demande aux
aveugles : « De quelle nature et l’éléphant ? » L’aveugle
qui a touché la trompe dit : «L’éléphant est semblable à une grosse
liane. » Celui qui a touché l’oreille dit : « L’éléphant est
semblable à une feuille de bananier. »
Celui qui a touché une défense dit : « L’éléphant
est semblable à un pilon. » Celui
qui a touché la tête dit : « L’éléphant est semblable à un
chaudron. » Celui qui a touché le flanc dit : « L’éléphant est
semblable à un mur. » Celui qui a touché la cuisse dit :
« L’éléphant est semblable à un arbre. » Celui qui a touché la queue
dit : « L’éléphant est semblable à une corde. » Ils s’accusent
tous mutuellement d’avoir tort et leur discussion s’envenime. Le roi ne peut
s’empêcher de rire, puis il prononce cette parole : « Le corps de
l’éléphant est unique, ce sont les perceptions divergentes de chacune de ses
parties qui ont produit ces erreurs. » Il en va de même pour les tenants
des différentes doctrines religieuses, conclut le soufi. Chacun parle de Dieu,
du divin ou de l’Absolu selon la perception limitée qu’il en a. Et aucune
religion ne peut prétendre posséder la totalité de la vérité. Celle-ci s’est
comme éclatée en morceaux en se manifestant dans le monde.

