Soins palliatifs et droit de mourir dans la dignité. En France, un même combat à mener...
(...)
Soins palliatifs et associations : mêmes
revendications
Les acteurs des soins palliatifs sont au quotidien sur le terrain et
tentent, dans le cadre de la législation actuelle, de fournir aux personnes en
fin de vie les meilleures conditions pour vivre jusqu'aux derniers instants le mieux possible.
À ce titre, nous leurs devons une reconnaissance
profonde et méritée car ils font face à des situations parfois très difficiles,
tant sur le plan humain que professionnel.
Ces militants et la population française veulent
pouvoir avoir accès à une fin de vie dans le respect de leur volonté, de leur
éthique et de leur philosophie.
Ils revendiquent eux aussi des bonnes conditions de
fin de vie.
Quand le Docteur Virginie Guastella, du CHU-hôpital
Nord de Clermont-Ferrand, installe dans son unité de soins palliatifs une cave à vin – et l'on pourrait citer beaucoup
d'initiatives semblables dans les unités de soins palliatifs, pour fournir un
cadre de vie aussi confortable et respectueux des personnes en fin de vie –, l'on voit bien que leurs motivations sont en ligne
avec les revendications de notre population.
Une opposition exacerbée face à une réalité
incontournable
Ce qui oppose ces deux mouvements, c'est que dans les
deux cas ils sont confrontés à une réalité incontournable. Chaque fin de vie
est unique et seul l'individu concerné devrait être reconnu pour dire ce qu'il
veut et comment il souhaite vivre cette dernière étape de vie.
Par ailleurs, les soins palliatifs et ceux qui revendiquent
le droit de mourir dans la dignité réalisent chacun à leur façon des
accompagnements qui, en respectant la volonté de l'individu, ne respectent pas
forcément la loi. Des milliers de personnes en soins palliatifs reçoivent des
doses mortelles de médicaments qui leur permettent de terminer leur vie en
toute quiétude. Des centaines de personnes, chaque année, sont accompagnées par
un proche compatissant ou un militant du droit de mourir dans la dignité avec
des moyens leur permettant de décéder sans les affres de l'agonie refusée.
La même incapacité des deux côtés
Ces deux mouvements sont donc sont face à une hypocrisie, un
sentiment de culpabilité, des non-dits et des obligations de garder le secret
(médical ou légal) afin de ne pas risquer d'être pénalement réprimés.
Les deux sont confrontés à des situations où ils sont
dans l'incapacité de répondre avec cet acte de soin et d'humanité évident et
sont confrontés à des personnes qui meurent de façon douloureuse et dramatique.
C'est un traumatisme qui cristallise les acteurs, engendrant des comportements
bloqués dans le refus.
Ce que peut offrir une bonne législation
Tant que la loi française ne créera pas un cadre pour le
traitement individualisé de la fin de vie, permettant pour chacun de vivre ce
moment de sa propre façon, selon sa volonté exprimée, ou via ses directives
anticipées et/ou sa personne de confiance, ou autre représentant légal,
nous resterons bloqués à une situation inextricable.
"AAVIVRE … sa fin de vie" propose une approche législative qui
contourne l'impasse actuelle d'une demande de loi sur l'euthanasie et présente
une solution qui permettrait de réconcilier les acteurs. La fin de vie dans un
hôpital ou une unité de soins palliatifs est déjà reconnue par l'Observatoire
de la fin de vie comme n'étant pas le lieu adapté, pour la plupart des
personnes, où vivre cette dernière étape de vie. (...)
Par Pascal Landa Président "AAVIVRE sa fin de vie" (Le Nouvel Observateur -
le 04-09-2014 à 10h30)



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