Douze Namurois qui ont fait vibrer leur province... Félicitations !

(Florent Marot)
Ils sont déjà de retour, les Namurois de l’année. C’est à la rapidité de leur retour qu’on mesure combien le temps file et qu’avec lui, selon Léo Ferré, tout s’en va, tout s’évanouit, les visages de ceux qu’on aime, les passions, les voix.
Douze mois se sont donc écoulés depuis la dernière livraison de ces 12 grands Namurois, révélés à la faveur du nouvel an, sous la lumière et le vélum du beau chapiteau planté dans la cour du palais provincial. Un cérémonial immuable, imprégné de Madeleine de Proust, ronronnant d’amour, rayonnant de fierté et réglé comme sur du papier à musique, forcément bavard puisqu’il honore d’un discours très écrit chaque nouveau lauréat rejoignant l’immense famille de tous les autres. Et depuis 25 ans, ils commencent à former un vrai bataillon.
Comme avec le temps, tout s’en va, le mensuel Confluent, fondateur et organisateur de la cérémonie, rappelle ça et là quelques nouveaux faits d’armes des anciens au cours de l’année écoulée. S’ils vivent toujours, ils continuent d’étinceler sur cette route où, un soir, un grand soir, on les a chaleureusement applaudis et, avant le mousseux rosé et le festin de circonstance, offert une statuette en bronze originale réalisée par le sculpteur Guy Leclercq.
Petit tour de piste. Xavier Diskeuve (sacré Namurois de l’année en 2006) annonçait, début 2014, la fin du montage de son premier long-métrage «Jacques a vu », comédie 100% wallonne. Marc Baeken (1994), directeur du Centre culturel régional dinantais, a orchestré les manifestations diverses célébrant le bicentenaire de la naissance d’Adolphe Sax. Philippe Taminiaux (1999) a, au Sénégal, finalisé la construction de trois premières classes, toutes peintes par une soixantaine de collaborateurs d’Eurocenter et d’Eggo partis là-bas en team building.
Jodie Devos (2013), un joli brin de femme chantant soprano, a fait vibrer tous les amateurs du concours Reine Élisabeth en se hissant dans le trio de tête. Sur les hauteurs de la citadelle, Vincent Pagé (2011) a raconté Namur au temps de la Grande Guerre.
Aux Championnats d’Europe de Zürich, Nafissatou Thiam (2012), s’offre pour ses 20 ans la médaille de bronze à l’heptathlon et, en fin d’année, reçoit le trophée de la sportive de l’année. Le Glutton de Christian Lange (1997), bien implanté à Andenne, poursuit sa progression dans le monde: il est présent dans 56 pays sur les 5 continents avec plus de 4 500 références. Et l’on en passe. Le jury ne s’est donc pas trompé, un jour, une année, en les mettant à la lumière. «Et un jury qui n’a pas eu de difficultés à épingler 12 nouveaux Namurois » souligne Pierre Dulieu, directeur de Confluent. À l’en croire, le talent, l’audace, la beauté du geste, ne se tarissent pas en terre namuroise, en dépit d’une époque un peu plombée par la crise et la menace terroriste.
Cette année, ce vaillant jury, qui se réunit d’octobre à décembre, depuis 25 ans, pour sélectionner les lauréats, a vu le départ de Louis Richardeau et Maïte Pacco, mais il a accueilli de nouvelles recrues: Christian Pacco, Renier Nijskens et Yves Poumay, ces deux derniers ayant été lauréats respectivement en 2013 (Namurois de l’extérieur) et 2009 (Sciences). Par ailleurs, sa présidente Mariette Delahaut, est toujours là depuis le début, bon pied bon œil, pétillante de santé.
Mais, trêve de badinages, ouvrons donc le rideau sur ces 12 nouveaux visages qui, hier soir, se sont éclairés. Sur ces gens qui ont apporté une belle pierre à l’édifice de l’Humanité ou une belle rime au monde afin, toujours et inlassablement, que la vie soit, ou plus juste, ou plus solidaire, ou moins absurde, moins violente.
Qu’elle soit plus qu’une comédie ou qu’une farce, pour être simplement ce grand partage de savoir, de beauté et de générosité, sacrement digne d’être vécu.
(Lavenir - Pierre Wiame - mercredi 21 01 2015)

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